CONSEILS & ASTUCES NOUVELLE ZELANDE

Faire du stop en NZ

3 juin 2016

Quand vous arriverez en Australie ou en NZ, vous croiserez des gens qui voyagent en faisant du hitchhiking, terme barbare pour dire qu’ils font du stop tout simplement.

Si faire du stop était assez courant pour les générations précédentes, cette façon de voyager a disparu au fil des années, notamment en France, au profit des transports low cost et du covoiturage, et à cause du sentiment d’insécurité véhiculé par cette activité, tant du coté des conducteurs que des auto stoppeurs.

Dans un contexte plus safe, le stop devient une option cohérente

Pourtant pour les backpackers en WHV, dans un contexte beaucoup plus sécuritaire et parfois parce qu’ils n’ont pas vraiment le choix financièrement, l’autostop devient une option assez populaire.

Dans un pays aussi immense que l’Australie, dont certaines zones sont absolument désertes, faire du stop est un vrai challenge. En Nouvelle Zélande, bien plus petite, faire du stop est plus une aventure à vivre, avec ses « pros and cons » qu’un défi.

Nous n’avons pas fait ce choix, car nous n’avions pas vraiment de droit à l’erreur dans notre planning, mais nous nous étions promis de recueillir les impressions de backpackers qui auraient vécu l’expérience du stop en NZ, tant ce pays est réputé pour être réceptif à cette pratique.

C’est pourquoi aujourd’hui, deux backpackeuses francaises, Lucile et Agathe, vous racontent leur aventure et leurs rencontres en NZ au rythme du lever de pouce !

Si vous voulez suivre les aventures de Lucile en Océanie, vous trouverez ses récits sur son blog!

Wanderlucile

Un roadtrip express de 10 jours dans l’île Sud

Il commençait à faire chaud à Gold Coast quand on a décidé de partir 10 jours en Nouvelle-Zélande.

On s’appelle Agathe et Lucile, 21 et 18 ans venant de Bretagne et d’Auvergne. Toutes deux en WHV en Australie, nous nous sommes rencontrées lors d’une « réunion d’au pairs françaises » le premier jour de Lucile en Australie. On a vite accroché, fait des sorties et partagé nos rêves de road trip australien. C’est en décembre lorsque les colocs suisses de Lucile sont parties en Nouvelle-Zélande 2 semaines qu’on s’est décidées. Alors on a commencé à faire nos « plans », qu’on a d’ailleurs jamais suivi. On a pris nos billets pour Christchurch pour le 9 janvier, avec comme date de retour le 19. Entre les deux, carte blanche.

Avec l’aide du site de tourisme de Nouvelle Zélande, qui est franchement bien foutu, on a fait une liste de lieux qu’on voulait voir pensant que ce serait un bon départ. On a alors noté :

– Les Fjords (on a d’ailleurs réservé une croisière depuis l’Australie)

– Queenstown

– Les glaciers

– Pukaki et Wanaka

-Mount Cook.

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Au coeur des fjords…

Le choix du stop, presque par la force des choses

Est alors venu le problème de la locomotion. Au départ on voulait louer une voiture mais Lucile n’ayant que 18ans et ne pouvant conduire, on s’est dit que trouver d’autres personnes pour louer une voiture serait une bonne option, mais malheureusement nous n’avons trouvé personne. Nous avons ensuite pensé au bus dans lequel on peut dormir, admirer le paysage et être sûr d’arriver à destination. Mais le bus c’est cher, contraignant et long, et nous n’avions que 10 jours donc on ne voulait pas perdre notre temps. Alors on a décidé de réserver un bus seulement, au matin de notre arrivée, pour Greymouth et qu’ensuite nous aviserions. C’est de ce fameux bus que tout à commencé.

2h45 du matin à Christchurch la dame de la douane nous a demandé avec un air sévère « où comptez-vous dormir ? », « à même le sol de votre bel aéroport madame ! ». Elle a tamponné nos passeports et n’a pas dit un mot. On à donc passé la nuit à l’aéroport avec comme musique d’ambiance des cris de moutons (bienvenue en NZ). Notre bus était prévu à 6h45. A 6h30 on est sorties de l’aéroport mais l’arrêt de bus était franchement mal indiqué, alors on à couru un peu partout, mal réveillées, avec nos 10kg sur le dos jusqu’à 7h du matin où là on a commencé à se crier dessus,c’était la panique, 50$ à la poubelle.

On a décidé à ce moment là de tenter le stop. Mais à 7h du matin un dimanche à Christchurch c’est un peu compliqué. Un gars nous à emmené en centre ville, à une station de bus, en nous souhaitant bonne chance. La chance ? oui il nous en fallait puisque la station de bus ouvrait à 9h et qu’il était 7h30. On à essayé de se détendre un peu et de faire du stop jusqu’à Franz Joseph. Je ne sais pas ce que les gens ont pensé de nous, après une nuit à l’aéroport, en survêtement, avec un backpack de 10kg , une pancarte « Franz Joseph » écrit au crayon pour les yeux , à 7h30 du matin, un dimanche dans Christchurch. On avait aucun espoir mais une voiture s’est arrêtée pour nous dire « euh, vous êtes dans le mauvais sens » , dépitées et au bord des larmes le couple à eu pitié de nous : « Bon je vais vous emmener à la sortie de la ville, parce qu’ici vous n’avez aucune chance qu’une voiture vous emmène. ». Une fois dans sa voiture ils nous ont demandé pourquoi on était là. On a expliqué la situation, le bus n’était pas là, la compagnie n’était joignable qu’à partir de 7h et on n’avait pas de crédit… Et là, le type à pris son portable, tapé le numéro et commencé à dire « Oui, j’ai deux françaises là, dans ma voiture, le bus n’est pas passé, elles ont payé, on est à l’angle de cette rue vous venez les récupérer ». On n’en à pas cru nos yeux, le bus à débarqué 5min plus tard. Après avoir remercié le couple comme il se doit on a eu un déclic, on allait faire notre tour de NZ en stop !

Une 1ère fois pour toutes les deux, quelques précautions et un paquet de courage!

Nous n’en avions jamais fait avant. Lucile avait peur de se faire enlever, torturer, kidnapper (merci Wolf Creek), mais Agathe avait plus peur de perdre du temps et de ne pas pouvoir faire ce que l’on voulait, bref d’être limitées. Bien sur, on le sait, le stop n’est pas très sécurisé, surtout pour deux nanas d’un mètre 60, 50kg avec un backpack sur le dos.

Mais on a fait attention. Lucile avait une petite bombe lacrymogène sur elle, on ne sait jamais. On a développé quelques techniques « juste au cas où » , mais aussi des règles fondamentales comme : pas de stop la nuit (hors de question), ne JAMAIS s’endormir toutes les deux dans la voiture, et se mettre sur les grands axes.

Quand on voyait qu’on allait monter avec un mec seul, l’une parlait au conducteur tandis que l’autre prenait discrètement une photo de la plaque d’immatriculation et l’envoyait à un amis en Australie en précisant ce qu’on comptait faire comme trajet dans la journée. On a aussi opté pour une carte sim avec internet et donc géolocalisation. Oui, on est peut être parano mais franchement on est jamais trop prudents.

Nous n’avons jamais attendu plus de 10min, et là on entend déjà les couples backpackers ou les mecs « pfff juste parce que vous êtes des nanas » , et oui c’est vrai, ça nous a avantagé. Nous avons au total accumulé 2000km en 10jours et voyagé avec 26 personnes différentes dont seulement 4 kiwis !!!! On ne s’attendait pas à ça. Nous avons voyagé avec des argentins, brésiliens, suédois, coréens , chinois, français, indiens et allemands. La plupart des gens qui s’arrêtent étaient des couples d’environ 50 ans en camping-car ou van. On se sentait en sécurité avec eux. Nos pires « expériences » ont été un allemand de 50 ans, qui roulait suuuuuper lentement et un kiwi qui sortait du boulot qui envoyait des snapchat en conduisant. Sur ce coup là on a eu toutes les deux peur, mais c’était que pour 20mn de route.

Les meilleures expériences, il y en a eu plusieurs : quand un acteur néo-zélandais s’est arrêté avec sa petite voiture, sa belle montre en or en mangeant son esquimau. On ne se souvient plus de son nom mais il est connu, il partait la semaine d’après pour une festival de cinéma dans l’Iowa, il avait plusieurs vignobles… Il était super ! Il nous a expliqué pleins de choses sur la Nouvelle-Zélande, la gold valley… C’est les plus du stop, de pouvoir rencontrer des gens extras. Puis il y a eu un mini bus de chinois. On a eu il faut le dire, quelques litiges avec les chinois durant notre voyage, ils étaient absolument partout, nous poussaient, venaient sur TOUTES nos photos des Fjords…. Quand un petit transporteur chinois s’est arrêté on s’est dit « bon, on va voir ce que ça donne ». Résultat : ils nous ont hurlé dessus quand on a dit qu’on venait de France (pensant qu’on habitait littéralement en face de la tour Eiffel), Lucile a eu le droit à un diaporama de toutes les photos prisent devant la tour Eiffel… C’était sympa !

Et pour finir deux petites anecdotes sympas : on à fait notre tout dernier stop avec des indiens en lune de miel, le monsieur n’arrêtait pas d’ouvrir et de fermer les fenêtres… une fois à Christchurch , ils nous ont regardé dépités en nous proposant : « dites, vous voulez pas prendre une douche dans notre chambre d’hôtel avant de repartir? » , oh joie du backpacking ! Et la dernière on a eu un covoiturage grâce aux groupes fb avec Arnaud un français super cool et très intelligent qui nous a instruit pendant 4h ! Merci à toi, on sait que tu passeras par là 😉 !

Le top du stop, les tourments du logement

Si le stop a été très positif, nous a fait gagner du temps et surtout de l’argent, c’est au niveau logement qu’on a souffert. Nous sommes parties avec un budget de 300$ (180€) chacune, pour 10 jours. On comptait faire du couchsurfing et c’est la seule chose qu’on changerait si c’était à refaire : NE PAS DEMANDER A LA DERNIÈRE MINUTE ! Nous avons réussi à trouver UN SEUL couchsurfing sur 10 nuits. L’option 2 c’était les backpacks où on a dormi 5 nuits , mais à 30$ la nuit, au bout de 5 jours on avait écoulé les trois quarts de notre budget. On n’avait rien prévu niveau logement et deux fois cela nous a joué des tours. Wanaka, 17 h sous une pluie battante TOUS les hôtels et campings étaient pleins ! Aucune chance de trouver un endroit pour dormir. Alors là aussi des techniques et des mesures ont été prises. On s’est rendues dans un supermarché, Agathe silencieuse avec les larmes aux yeux et Lucile commençant son discours « oui on est deux françaises 18 et 20 ans on a pas d’argent et nul part où dormir…», sortez les violons, et devinez quoi… ça a marché ! Bien sur, là aussi on avait des critères… on demandait toujours aux femmes ! Une petite dame blonde avec sa fille au bras nous à dit « ok les filles, venez chez moi, je vous offre le repas et l’hébergement si vous faites le diner de la famille et le repassage » certainement la plus belle expérience ! Une maison au milieu de la campagne, des lapins partout et deux enfants adorables ! On a adoré et le lendemain la famille nous a même demandé de rester ! Les kiwis sont vraiment extras !

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Pour conclure, on a vécu une super expérience, rencontré des gens du monde entier et découvert la vraie Nouvelle-Zélande ! On sait que le stop c’est dangereux et on s’est demandé dans quel pays on pourrait le faire encore une fois. Après maintes réflexions on a pas trouvé, la NZ est la bonne destination pour ça. Il suffit juste de prendre les bons réflexes et de ne pas regarder Wolf Creek avant de partir !

Le mot des Amoureux Voyageux

Nous remercions chaleureusement Lucile et Agathe d’avoir accepté notre invitation a rédigé un billet sur le site, nous vous conseillons absolument de faire un tour sur leur instagram à toutes les deux, et sur le site de Lucile, qui vient de naître mais qui sera certainement bientôt très fourni, vu l’entrain dont elles font preuve et les aventures qu’elles ont vécu.

Elles prouvent toutes les deux que le roadtrip reussit à ceux qui font preuve d’initiative et de courage!

L’aventure continue!

 

 

 

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1 Comment

  • Reply prosper 4 juin 2016 at 8 h 36 min

    sympa, surtout la photo du fjord, on se croirait en norvege 🙂

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