SOUTH AUSTRALIA

FLINDERS RANGES NP

5 juin 2015

En quittant notre woofing, nous décidons de faire un détour pour découvrir les Flinders Ranges. Ce qu’il faut savoir c’est que d’Adélaide à Darwin, vous devez emprunter la Stuart Highway, mais que sur la Stuart Highway à proprement parler, il n’y a aucun, ou presque aucun, des plus grands points d’intérets de la route. Il faut à chaque fois faire un détour, qui peut aller de 150kms aller pour les Flinders Ranges à 250 kms aller pour Uluru. Mais considérant que d’Adélaide à Darwin, il y a 3000 kms, ce sont en fait des petits détours… ou presque !

Pour certains sites comme Uluru ou Kings Canyon, la question ne se pose pas, le détour est obligatoire, c’est tout le but de cette longue route que de voir ces deux parcs. Pour Flinders Ranges, la question nous était posée, le parc n’est pas le plus réputé de l’Australie, et nous n’en avions pas beaucoup entendu parler, sauf à avoir lu précisément plusieurs guides de voyages.

Mais après 3 semaines à la ferme, nous souhaitions rouler et voir du paysage, et Flinders constituait une première escale très à propos.

La nuit précédent notre journée au parc, nous dormons sur le parking d’Arkaroo Rock. Le parking est presque désert, Monsieur le courageux n’est pas très confiant, mais fatigué par la route il ne fait pas long feu et s’endort dès qu’il s’allonge à l’arrière de la voiture. La nuit est douce, presque fraiche, nous ne savons pas à ce moment que nous allons regretter cette température les jours suivants dans l’Outback.

La vue depuis Arkaroo Rock

La vue depuis Arkaroo Rock

Nous prenons la route à l’aube le lendemain matin pour parcourir les 20 kms  qui nous séparent de l’entrée du parc. C’est sur cette route, que nous croisons la plus grande colonie de kangourous depuis le début de notre roadtrip, des deux cotés de la route, petits et grands, nous voyons pour la première fois des kangourouX (kangourous roux littéralement mais le mix semblait tentable !) ainsi qu’un bébé dans la poche de sa maman, on pourrait reprendre la route vers l’Outback que le détour valait déjà le coup !

A l’entrée du parc, infidèle à notre malheureuse réputation en tant que francais en Australie, nous payons gentiment les 10$ de droit d’entrée que nous glissons dans l’urne prévue à cet effet, c’est toujours quelque chose de voir cette confiance en l’honnêteté des gens sur les routes, notamment ces urnes pour les entrées de parc, les campings, ou bien encore les stands de fleurs, de fruits et légumes, qui ne sont pas surveillés, et qui disposent d’une box dans laquelle vous devez payer ce que vous prenez… je ne pense pas exagérer en disant que cette pratique ne serait pas possible dans beaucoup de pays d’Europe, c’est ca l’Australie!

Nous avons lu qu’une navette payante permet d’avancer un peu sur le parcours, mais l’information center nous déconseille l’option, la navette ne fait gagner que 2 kms et nous sommes debouts assez tôt pour faire la marche sans la navette. Cette marche, la plus fameuse des marches courtes (par courte en Australie on considère toute marche qui peut se réaliser sur une journée, soit de quelques minutes à 10 heures) du National Park, permet de grimper l’un des nombreux pics, et d’atteindre le St Marys Peak. Cette marche n’est pas facile, et nécessite environ 8h pour 20 kms. Il y a plusieurs chemins pour y accéder, St Mary Peak Inside et St Mary Peak Outside. Nous choisissons de prendre un chemin pour atteindre le peak et l’autre chemin pour retourner au parking.

Le début de la marche est très plat, nous croisons encore quelques kangourous, puis grimpons les quelques marches jusqu’au Wangarra Lookout, en deux étapes (Lower et Upper) la vue est déjà superbe, et nous sommes excités d’entamer la montée.

Wangarra Lookout

Wangarra Lookout

Le chemin se corse ensuite un peu, et les mollets chauffent gentiment, puis la montée s’accentue et le terrain devient très meuble, à base de petits morceaux de roches, très instables et glissants, surtout quand se couple au sol les plantes dont les branches envahissent le chemin, les bras, le cou et les jambes s’écorchent avec les branches coupantes, et la fatigue commence à pointer le bout de son nez aux 2/3 de la montée. Nous atteignons le Tanderra Saddle et il ne nous reste plus que 45 minutes pour atteindre le sommet, le terrain est devenu plus stable et nous pensons que le sommet ne sera plus très long à atteindre.

Délicate montée

Délicate montée

En fait, nous l’apercevons de loin, mais devons contourner tout le flanc de la montagne, en passant par des endroits très escarpés, il faut escalader par moment et suivre des flèches bleues qui seront problématiques au retour. Au final, nous mettons presque autant de temps pour gravir cette dernière partie que pour le reste du trajet.

L'un des passages de l’ascension

L’un des passages de l’ascension

Arrivés en haut, enfin, et après 4 heures de marche, Madame remarque un animal, qui ressemblerait à un kangourou, mais avec une queue rayée et d’énormes pattes qui font beaucoup de bruits sur les rochers. Nous cherchons la bête, sans succès. Quand nous montons sur la dernière roche, c’est un coup sur la tête, la vue est absolument grandiose, nous sommes entourés de montagnes et de vallons qui pour certains forment des cratères en leur centre, nous sommes au niveau des nuages de basse altitude, mais la vue est malgré tout imprenable. Certaines roches nous donnent l’opportunité de prendre des photos spectaculaires, et nous décidons de nous poser au sommer pour prendre notre déjeuner tant la vue est incroyable.

Wilpena Pound

Wilpena Pound

Vertige assuré

Vertige assuré

C’est à l’heure du déjeuner que notre ami le wallaby spécial resurgit, et il est en effet très spécial, il a le corps d’un petit wallaby, une fine tête, une queue rayée marron et crème, et d’énormes pattes qui ressemblent à des sabots et qui claquent sur la pierre à chaque fois qu’il se déplace. Nous tentons de le prendre en photo, surtout lorsqu’il est rejoint par un camarade de jeu qui nous permet de nouvelles perspectives. Ce wallaby est à ce jour certainement la plus belle espèce de marsupial que nous ayons eu la chance d’observer. Un couple d’Australiens qui se hissent également au sommet nous expliquent que ce sont des wallabies des montagnes, de type « Yellow Foot Rock Wallaby » et qu’il est très rare d’en voir, ils se camouflent très bien, et ne sont pas habitués aux humains, et donc un peu craintifs, nous avons donc eu beaucoup de chance !

Kangourou des montagnes

Kangourou des montagnes

Nous entamons notre descente jusqu’au premier plateau, et au bout de quelques minutes, nous nous retrouvons sur un bord de falaise, avec aucune possibilité de descendre plus, nous nous regardons et comprenons que nous venons lamentablement de nous perdre. En urbains modernes, la panique nous envahit rapidement quand nous ne trouvons plus le chemin par lequel nous sommes venus. En voyant enfin les flèches bleues qui indiquent le chemin nous sommes soulagés de ne pas devoir mourir abandonnés et affamés dans la montagne !

Le second versant que nous prenons pour descendre et lui aussi délicat, assez glissant et abrupt, et surtout véritablement interminable, car si la montée est motivée par le fait d’accéder au sommet, la descente est vite monotone, malgré quelques vues imprenables sur l’horizon.

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L’immensité de la nature

Quelques heures plus tard, nous empruntons un chemin beaucoup plus plat, où nous croisons pour la première fois des émus, les fameuses autruches australiennes, puis parvenons à notre point de départ, rincés par notre longue marche, mais vraiment satisfaits de notre journée, et de la vue depuis le St Mary Peak.

Au total, notre marche aura duré 8h, pour 20kms, nous vous conseillons donc, de partir tôt le matin, pour éviter de devoir rentrer de nuit. Un départ à 9h semble être le dernier délai, et un départ à 8h-8h30 semble plus prudent, au cas où vous vous perdiez sur le chemin !

Nous avons adoré le parc et ses panoramas à couper le souffle, si le détour de 300kms peut sembler conséquent, nous le referions sans hésitation si nous en avions l’occasion, une superbe journée de marche, la faune, la flore, que demander de plus ?

L’aventure continue…

Les Amoureux Voyageux.

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