TASMANIE

TASMAN PENINSULA

12 février 2016

Après avoir découvert Hobart et l’île de Bruny Island, nous reprenons la route en direction de la Tasman Peninsula, dont l’entrée se situe à 60 kms d’Hobart. Entre temps, pas grand chose à voir, nous ne faisons pas d’arrêts, car nous savons que la Tasman Peninsula est riche en activités et lieux touristiques, et qu’il faudra allouer à la région quelques jours.

C’est sur cette péninsule notamment que vous pourrez découvrir un endroit riche en histoire ancienne et moderne qu’est la ville de Port Arthur.

Port Arthur, la parfaite prison

En 1850, la ville de Port Arthur devient un centre pénitentiaire, dans lequel sont envoyés les prisonniers les plus terribles d’Australie, ceux lourdement condamnés, les plus ingérables ainsi que ceux recondamnés après leur arrivée en Australie. Ce choix n’est pas anodin, la Tasman Peninsula n’est reliée au reste de la Tasmanie que par un isthme, facile donc d’éviter toute évasion de Port Arthur. Des policiers avec des chiens étaient donc placés sur toute la largeur de l’isthme, ce qui suffisait puisque les prisonniers ne pouvaient pas tenter d’échappée par la mer, la faute aux nombreux requins présents dans les eaux autour de la péninsule.

Cette ancienne prison est aujourd’hui un lieu touristique de la région, nous y reviendrons.

En 1996, Port Arthur devient tristement célèbre. Martin Bryant y tue 35 personnes et en blesse 37 autres, provoquant l’interdiction de certaines armes à feux en Australie.

Avant de rejoindre Port Arthur, nous programmons plusieurs arrêts, la péninsule étant réputée pour de nombreuses curiosités naturelles qui attirent de nombreux badauds chaque année.

En tout, 5 lieux se suivent sur 10 kms : Tessellated Pavements, Eaglehawk neck, Blowhole, Tasman arch & Devils Kitchen.

Tessellated Pavements est surtout intéressante pour les amateurs de photographie, car cette formation rocheuse en forme de mosaique permet de jouer avec les reflets de l’eau, surtout au coucher de soleil. Nous n’avons pas pu assister au coucher de soleil mais avons quand même apprécié l’endroit.

Tesselleted Pavements

Tessellated Pavements

L’Eaglehawk Neck est le nom donné à l’isthme évoqué en amont, le temps n’est pas vraiment clément, et les vues pas vraiment au RDV, petite déception.

Le tasman blowhole (ne pas confondre avec celui de Bicheno plus au Nord) est très rapide à visiter, mais prendrait des heures à être expliqué. Sur le principe de l’action conjuguée de la mer et du temps, plusieurs tunnels et autres trous se sont formés pour donner le Blowhole, c’est assez intéressant à voir, et surtout très intéressant à lire grâce aux panneaux d’informations qui vous expliquent comment un tel phénomène a pu se produire, avec les différentes évolutions dans le temps. Aucun temps de marche à prévoir ou presque, le tour est fait en 10 mns environ.

Tasman blowhole

Tasman blowhole

Tasman Arch et Devils Kitchen sont plus en hauteur que le Blowhole mais sont visités car ils sont soumis au même principe d’érosion. L’endroit est très touristique, plusieurs bus nous précèdent, et nous ne sommes pas conquis par une telle affluence. Le fait qu’il ne faille pas marcher pour accéder aux points de vue est forcément un atout pour les opérateurs de bus, mais devoir se frayer un chemin dans la masse pour espérer voir un morceau de roche ne restera pas notre plus beau souvenir de Tasmanie, surtout quand on sait à quel point visiter la Tasmanie est différent du reste de l’Australie, avec toujours (ou presque du coup !) très peu d’autres touristes.

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Réussir à éviter les touristes : marcher

Mais en voyageant depuis quelques années, nous avons compris comment fonctionne cet amas de touristes, auquel vous pouvez échapper dès lors que vous marchez plus de 5 minutes pour vous éloigner du point le plus touristique de la zone que vous visitez. Comme un fait exprès, l’une des 60 great short walks part de Tasman Arch pour se rendre à Waterfall bay, 1h30 de marche avec des vues très en hauteur sur la mer et les falaises. Nous entamons donc cette marche, avec un superbe temps, et profitons de vues imprenables pour nous seuls, plus personne sur le chemin, nous vérifions à nouveau notre théorème d’affluence, et somme soulagés de retrouver cette sauvage Tasmanie. La marche n’est pas impérative mais les lookouts sont plutôt jolis.

Marche allant

Waterfall Bay

Nous passons une mauvaise soirée, car ne trouvons aucun spot légal pour dormir, et que nous n’aimons pas dormir vers les zones de mise à l’eau des bateaux, par respect pour les locaux qui ne peuvent ensuite pas se garer quand trop de backpackers envahissent ces parkings. Nous décidons de dormir sur le parking de ce qui ressemble à un panneau d’informations, nous n’avons pas vu de panneau interdisant strictement le camping, nous feindrions l’innocence ou la fatigue si nous venions à être réveillés dans la nuit.

Le lendemain matin, réveil frais mais rassuré, puisque nous n’avons pas d’amende sur le pare brise, et avons passé une bonne nuit. Nous rejoignons Port Arthur pour découvrir les vestiges de la prison. Mais comme nous n’apprenons pas de nos erreurs typiques, nous n’avons pas compris que la visite est payante, et qu’elle représente presque un investissement, puisque la douloureuse atteint 37$ par personne, 50$ si vous optez pour une option supplémentaire ! Notre budget n’est pas réduit, mais nous venons de dépenser pour le Tahune air walk, à tort, et nous redoutons une nouvelle déception, nous décidons donc de faire l’impasse sur les vestiges de Port Arthur, c’est dommage évidemment, mais à 100$ pour le couple, c’est un peu élevé.

À défaut, et alors qu’aucune de ces marches ne figuraient à notre programme initial, nous pouvons maintenant choisir d’effectuer le Cape Raoul walk ou le Cape Hauy walk.

Ces deux marches figurent aux 60 great short walks, et ont un profil semblable, car elles permettent l’observation des falaises si particulières de la région, dont la forme peut difficilement être expliquée, vous constaterez l’originalité sur nos photos.

Sur le papier Raoul serait un peu plus longue, et nous tirons à pile ou face, ce sera Cape Hauy, marche d’environ 4h contre 5h pour Cape Raoul.

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Début de la marche vers Cape Hauy

Le début de la marche se fait du coté de Fortescue Bay, où se trouve également un camp ground. Malheureusement, ce camp ground est très prisé de tous, et était complet quand nous y sommes arrivés, nous n’avons donc pas pu y dormir le soir venu, pensez donc à vous y rendre en avance si vous souhaitez y dormir.

Plage de Fortescue Bay

Plage de Fortescue Bay

Après un petit tour par la baie, jolie mais sans plus, nous entamons la marche, qui grimpe légèrement pendant la première demie heure, quelques vues sur la baie au loin. Puis, arrivés à un sommet, l’horizon s’ouvre sur un second sommet, qui est en fait le Cape Hauy. S’amorce donc une longue descente, suivie d’une plus délicate montée, et nous voici arrivés après 1h30 de marche au cape Hauy, en 1 mot ? BOUM !

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Cape Hauy

Quelle vue incroyable sur la mer, et surtout sur la côte et les falaises, c’est splendide, nous sommes vraiment impressionnés, nous sommes à quelques mètres seulement d’un gouffre de plusieurs dizaines de mètres, nous évaluons la hauteur grâce aux bateaux en contrebas, qu’il faut chercher avec minutie tant ils sont minuscules vus de si haut, cette impression nous rappelle horseshoe bend aux USA, où nous avions vu passer un bateau au milieu du canyon, et que nous avions pris peur en voyant sa taille ridiculement petite.

Comme toujours nous shootons à tort et à travers, Monsieur se fait rappeler à l’ordre quand il propose de se faire prendre en photo sautant le plus près possible du tombant, puis nous reprenons notre marche vers le parking, très heureux d’avoir fait l’impasse sur la prison, au profit de cette superbe marche de 3h.

Nous vous conseillons donc absolument d’effectuer la Cape Raoul walk ou la Cape Hauy walk au choix, nous avons vraiment adoré cette marche, avec un panorama à couper le souffle.

Nous avons passé 2 jours dans la région de Tasman Peninsula et nous avons vu beaucoup de choses, les curiosités naturelles ont toujours leur petit effet, au même titre que les marches qui vous permettent d’accéder à des endroits où vous vous sentez seuls au monde, nous avons aimé la région, malgré le regret de ne pas avoir pu découvrir la prison de Port Arthur, dont le prix nous semble excessif. 2 jours, 3 si vous visitez la prison ou que vous souhaitez effectuer à la fois Raoul et Hauy semblent être des durées cohérentes pour tout voir sans se presser.

Les Amoureux Voyageux

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1 Comment

  • Reply prosper 13 février 2016 at 22 h 51 min

    super photo de la plage de Fortescue Bay – bravo

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